Île d'un rêve, "tu
es si loin et pourtant si proche de nous" !!!!
Par avion, tu n'es qu'à 8 heures, avec
un voilier, tu es un peu plus loin mais, quel charme tu as lorsque nous
arrivons dans tes eaux territoriales.
"Il n'est de
bonheur que celui que l'on se procure".
Revenons à notre folie car Las Palmas,
c'est le paradis pour les terriens que nous sommes. pourtant, près de 3 mois
se sont écoulés au port ou à se promener autour des îles canaries, il nous
faut à nouveau le grand large !!!
La difficulté, c'est que nous ne sommes que 2 pour un si grand voilier (mais
si petit dans cet immense océan). Alors, conciliabule pour prendre des
équipiers !!!
Ouah !!! c'est vrai que l'on se fait vite à une vie tranquille, ou nous avons
une cabine chacun avec une salle de bain perso. Alors, pas d'équipiers. De
toute façon, cette balade était prévue à 2, alors c'est décidé, on poursuit
le voyage comme nous l'avons commencé.
Nous sommes le 10 mars, et après de
longs jours de préparation, bien des amis rencontrés,
nous ne pourrons pas les citer toutes et tous car cela serait trop long,
mais nous avons une pensée pour Ghego, un ami italien qui nous a donné de si
bons conseils pour l'envoi du spi (tu sais Ghego, le petit tangon que je
voulais virer !!! oups !!! il nous a bien servi) et avec qui nous avons
passé des soirées inoubliables, pour Cati et Stéphane sur Flyer 2,
avec qui nous avons mangé sur leur magnifique ketch acier, et aussi à un
charmant couple de Ouistreham (mon ancien port d'attache de 1984
à 1989) qui ont du repartir pour le boulot, nous décidons
de hisser les voiles, le stess est énorme car il ne s'agit plus de faire des
ronds dans l'eau mais de franchir un océan que beaucoup d'amis ont eu
quelques difficultés à effectuer. A 12 heures, le moteur est en route et
nous nous dirigeons vers le ponton Texaco pour le plein de gasoil et le
règlement des derniers jours du port. Cogito reçoit 400 litres de dopage
pour le moteur, ce qui nous fait 550 litres dans le réservoir principal et
40 litres dans le 2ème, avec 12 litres dans le réservoir du groupe. C'est le
pied, surtout que le gasoil ne vaut que 0,63 euros le litre.
Pas de bol, pour le règlement du port, ils ont décidé de fermé la porte cet
après midi alors il nous faudra revenir demain matin.

Extérieur du
port de Las Palmas près de la plage ou nous avons mouillé à l'arrivée le 19
décembre et le 10 janvier la veille de notre départ.
Nous décidons d'aller mettre la pioche
à l'extérieur du port, juste pour se réhabituer au mouvement de la mer et de
la houle. A croire que c'était écrit puisque malgré toute la préparation, le
loch indique 0 noeud, il est à nouveau bloqué, alors, une fois la pioche au
fond, je plonge pour le nettoyer. Vu l'état, nous décidons de l'enlever
de l'intérieur et nous avons bien fait car le corail l'avait envahi.
Réparations faites, il est déjà tard et après un repas correct, nous
décidons d'aller faire un somme quand nous sommes envahis pas un bruit
bizarre !!! oups !!! c'est quoi encore !!!! c'est un navire de l'armée
espagnole qui a décidé de mettre sa pioche à côté de nous. Le problème c'est
que les moteurs tournent et la cavitation nous empêche de dormir. Tant pis,
il faut faire avec !!! La fatigue aidant, nous partons vers un somme bien
mérité car la préparation d'un départ est toujours fastidieuse (rangement des
parebattes, des amarres, changement de place des principales voiles qui
risquent de nous servir pendant la traversée). De plus Radio Ponton nous dit
qu'il faut virer l'ancre car en cas d'enfournement, la pioche risque de tout
arracher, l'étrave comprise !!!! oups !!! super ces paroles pour augmenter le stress,
"Radio Ponton" c'est géant.
Le
problème, c'est qu'il faut choisir, "avoir une ancre prête à être larguée en
cas de problème avec le moteur, ou enlever la pioche et se retrouver dans
les bateaux si le moteur décide de faire une pause" !!! oups !!! le choix
est vite fait et l'ancre reste à poste prête à être larguée.
Après une nuit agitée, car nous
n'avions plus l'habitude d'être chamboulés, le jour se lève enfin et nous
voyons arrivé des petits voiliers de type optimiste ainsi que des planches à
voile en nombre. Nous sommes littéralement entourés de mômes (filles et
garçons) avec leurs moniteurs.
Nous sommes le 11 mars à 13 heures 30
(zoulou) le moteur démarre. A 14 heures, nous sortons de la baie.

Au revoir Las
Palmas.
Eole est fatigué, il a du faire la
fête hier car il est absent, c'est sous grand voile entière + artimon +
génois aidés du moteur à 1000 tours que nous entamons nos premiers miles.
Après 2 heures de navigation, le vent s'établit et nous stoppons le moteur.

Premier
clandestin, plutôt timide au départ, mais qui est tout de même dans le
cockpit. Dommage, c'est un pigeon voyageur "il est bagué"car cela ne doit
pas être mauvais avec des petits pois !!! lol !!! c'est un joke car tout
animal clandestin est un invité d'honneur sur Cogito II.
Le pigeon est devenu familier, il
décide même de vérifier notre route sur la table à carte au cas ou nous nous
serions plantés !!!!

Attention à ne
pas faire tes gros besoins, petit pédro !!! car les cartes n'aiment pas être
salies.
Les miles se suivent mais ne se
ressemblent pas. En pleine nuit, alors que nous avions 160 m2 de toile, Eole
se réveille, il faut prendre des ris très vite et c'est la cata. !!! enfin
presque puisque le lazy bag de la grand voile se déchire et que la poulie du
lazy bag de l'artimon se prend un râteau de près de 8 mètres. Il faut faire
vite alors on revient au bon vieux temps avec le système de ris classique
dans la grand voile et pour l'artimon, on verra cela demain au lever du
jour.
12 mars 2007 :
Le jour se lève à 7 heures, ce qui va
nous permettre de faire un constat des dégâts. Pas de bobo, simplement un
peu de boulot en perspective alors qu'on a pas dormi. Et oui, il faut se
remettre aux quarts de veille pendant que l'autre dort. Les premiers jours
c'est difficile !!! 118 mile parcourus de 14 heures à 7 heures ce matin, pas
trop mal !!!!
Il faut monter à l'artimon avec un nouveau rivet pour remettre la poulie, et
tomber la grand voile avec ce qui reste du lazy bag. Puisqu'il faut
l'enlever, Ghego nous avait conseillé d'installer l'ancienne, alors c'est ce
qu'on va faire.

Arnaud
l'acrobate en haut de l'artimon avec la perceuse pour riveter la poulie
tombée. Bien entendu, il n'avait pas oublié l'appareil photo !!! lol !!!
Eole nous lâche et c'est dans une jolie pétole qu'on se met
au travail. Arnaud monte au mât de l'artimon pour la fixation de la poulie,
avec l'aide du winch et un peu de muscle du cap'taine. La voile est à
nouveau hissée. Nous nous attaquons ensuite à la grand voile et ça c'est du
sport, même quand la mer est d'huile et qu'il n'y a pas de vent. A 15
heures, tout est réparé, mais cette fois-ci, on ne va pas se faire avoir, la
vieille grand voile est hissée avec 3 ris et l'artimon se voit réduit avec 1
ris. Le vent est toujours absent et nous décidons de faire une sieste, barre
à contre sans voile d'avant pour éviter le claquement. On se déhale tout
doucement dans le bon cap. A 19 heures, alors qu'Eole est toujours absent et
qu'on est sous le vent de l'île, le moteur démarre pour se tirer de cette
pétole. Après 2 heures de moteur le vent revient et nous envoyons le génois.
Cogito fonce à plus de 7 noeuds, c'est magnifique de le voir avancer dans
cette océan qui se charge d'une houle de NO croisée avec une houle du vent
de NE.
13 au 16 mars 2007 :
La routine s'installe petit à petit à
bord. Chaque jour à 13 heures, nous faisons le point sur l'ordinateur et sur
l'immense carte de l'atlantique nord. Mon dieu quelle est grande cette carte
et les points que l'on trace semblent si petits dans cette immensité. La
moyenne est de 150 miles par 24 heures avec plus ou moins 10 suivant la
volonté d'Eole.
Les miles défilent sous la coque et
comme nous l'a si bien dit Jean avec son sloop "Séléna" qui a aussi fait la
traversée, nous sommes dans une machine à laver de 8 kilos, ça berouette, ça
mouille de temps en temps sous la cabine, le pont est copieusement arrosé,
mais Cogito avance vite dans des surfs à plus de 10 noeuds. Il est toujours
difficile de donner une hauteur de vague car la perspective est différente
dans un bateau, mais je ne pense pas me tromper en donnant des creux de 3 à
5 mètres.
En pleine nuit, nous sommes arrêtés
net par un calamar géant !!
Enfin c'est pas tout a fait comme cela que cela s'est passé, le calamar
s'est arrêté net sur le pont de Cogito, le problème c'est que je ne sais pas
épluché ce genre de bestiole car toutes les nuits c'étaient 2 à 3 calamars
qui tombaient sur le pont. Cathy et Stéphane nous l'avaient dit, mais nous
ne voulions pas les croire. Moi qui croyait voir des poissons volants !!! lol
!!! ce sont des calamars volants que nous ramassons tous les matins.

2ème passager clandestin, mais lui n'a pas eu de
bol, il s'est arrêté net sur le pont. Un de ses collègues s'est même
retrouvé dans l'annexe. Pas de bol de ne pas savoir cuisiner !!!

Cogito a
vraiment l'esprit de famille car c'est maintenant un aérodrome pour
volatile, comme vous pourrez le voir, un 2ème pigeon près de la baille à
mouillage et deux "puffins ou mouettes" amoureux sur le balcon.

Crépuscule en
pleine mer. Faut dire qu'on est pas nombreux dans ce coin !!!
17 mars 2007 :
Les jours passent ainsi que les nuits,
nous essayons de pécher mais tout casse, déjà 3 cuillères englouties dans la
gueule de monstres. Nous n'avions pas prévu de pécher des poissons de plus
de 20 kilos, car c'est le maximum que le crin puisse supporter, et toujours pas de
poisson. Cela devient inquiétant car la viande est consommée, il ne reste
que des pâtes et du riz !!! oups !!!
Il est 2 heures du matin, et pendant
mon quart, je me décide à fabriquer un frein de bôme pour l'artimon. C'est
plus sécurisant même si la bôme est plus légère que celle du grand mât. Je
me penche vers l'extérieur pour fixer une poulie sur le rail de fargue quand
tout à coup, quelque chose vient me frapper la poitrine.
"Cette trouille que j'ai eue" !!! En fait,
c'était le plus gros des 2 poissons volants sur la photo (aussi gros qu'un
beau maquereau).

Premiers poissons volants ramassés sur
le pont le lendemain matin.

Ca vole, mais
c'est pas très bon. Un goût tout ce qu'il y a de commun avec beaucoup
d'arêtes. Les 2 premiers nous ont permis de goûter, mais nous sommes
d'accord de ne plus en manger.

Et pourtant
c'est par centaine qu'ils s'envolent devant l'étrave de Cogito. Regardez
bien la photo du dessus et vous pourrez les voir !!!
Le point à 13 heures nous donne Sao
Vicente (Capo Verde) à 125 miles, alors, nous nous décidons d'aller y faire
un tour, juste pour connaître ces îles. Ce serait dommage de passer à côté
sans s'arrêter. Cela ne se reproduira pas de sitôt.
Nos amis les dauphins sont revenus, et
avec la houle ils se font de belles cabrioles à côté de Cogito.



On les voit
mieux sur cette photo à la sortie d'une houle plus grosse que les autres !!!
la vidéo est encore plus sympa, malgré notre petit appareil photo.

Jamais vu autant de dauphins qui
arrivent et qui sortent de chaque vague de houle !!!

Ils sont des
centaines à jouer avec le bateau, devant, derrière, tribord, bâbord, on ne
sait plus ou tourner la tête !!! c'est génial !!!

Quelques vagues
de NE croisées avec la houle de NO, et c'est le roulis assuré !!!

L'arrivée sur le
cap vert est plus mouvementée, la houle devient plus haute et plus chiante,
mais jamais elle ne nous a inquiétée jusqu'à maintenant !!!

Voilà ce que
cela fait quand la houle passe sous le bateau, il surfe et le loch speede un
max !!! Comme vous pouvez le voir, le pont est mouillé et tous les hublots
sont fermés !!! lol !!

Celle-ci déferle
un peu, mais rien de bien méchant !!!

Cogito et son
escorte de
dauphins de chaque côté du bateau !!!

Quand Cogito
fonce, cela fait des remous !!!

Un beau trio "de
nos charmants copains". Parfois on préférerait qu'ils ne soient plus là, car
chaque fois, il nous faut relever les lignes. Déjà qu'on ne pêche rien !!!
alors avec les dauphins tout autour, c'est la cata !!!!
18 mars 2007 :
A 00 heure, nous décidons de ralentir
un peu car nous ne voulons pas arriver de nuit à Mindelo, la visibilité au
cap vert et souvent très mauvaise , car les alizés transportent le sable des
cotes africaines , on enroule le génois et sous grand voile et artimon, on
marche encore à 5 nds, on aperçoit les îles qu'a 10 miles nautiques des
cotes de celles-ci !!!
A 8 heures nous entrons dans le port
entre le rocher et la pointe. La houle est grosse, et le vent forcit sous
l'effet venturi. Le mouillage est difficile car la pioche CQR de 40 kilos
n'accroche pas. Après 7 essais nous décidons de changer de pioche et de
mettre l'ancre plate de 24 kilos sur la chaîne de 12. Nous passons à côté de
vieux cargos malades à l'ancre et une fois la nouvelle pioche en place, nous
repartons vers le mouillage ou il y a déjà quelques voiliers. Pas de bol, on
se prend l'épave non signalée sous la quille mais Arnaud n'a rien senti, on
est passé dessus sans choc !!! juste le sondeur qui a décroché !!!
Premier essai réussi et bien content d'être arrivé. On va pouvoir dormir un
peu !!! Il faudra simplement racheter une 2ème ancre plate pour sécuriser le
bateau, car l'effet venturi est bien présent, même s'il ne souffle pas à 45
nds comme dans les instructions nautiques, on se prend parfois 25 à 30 nds.
Un coup de fil à Noëlle pour lui donner notre position et un gros sommeil
réparateur. De toute façon, c'est dimanche et tout est fermé (douanes,
gendarmerie, capitainerie !!!), sauf les cap verdiens qui arrivent dans de
vieilles barques pour nous proposer leurs services !!!
Les instructions nautiques sont
pratiques car il nous a fallu arriver à 8 miles de Sao Vicente pour la voir
dans un nuage de sable du désert qui tombe sur le pont.

Tout n'est que
rocher dans ce paradis sans verdure !!!

Rien à dire, il
suffit de regarder !!!

Quelques bateaux
au mouillage, avant la grande traversée, c'est la dernière pioche avant le
grand saut de plus de 2000 miles !!!
Au premier plan
derrière nous le sloop (Nemo de Marine) de Gilbert et Jenny et leur enfant "Raphael"
de 2 ans.

Le ketch acier (Agniel)
de Miguel, un espagnol qui est arrivé 2 jours après nous et qui venait
aussi de Las Palmas !!!
20 mars 2007 :
Comme nous suivons (ou plutôt Noëlle)
le périple de l'Alchimiste, elle nous donne le nom d'un resto tant apprécié
par ses joyeux marins. Nous nous décidons de faire comme eux et d'aller y
goûter la fameuse langouste.

Super repas dans
le restaurant "Pica Pau". Au menu : langouste grillée avec frites
américaines et riz. C'était fabuleux surtout lorsque l'on vient de faire 930
miles en un peu plus de 6 jours !!!
Comme les bonnes adresses ne restent
pas inconnues, nous refilons l'info à Jenny et Gilbert qui proposent qu'on y
aille. Nous devions partir, mais c'est sympathique de se retrouver à
plusieurs, alors accompagnés par Miguel, on se refait une langouste le
lendemain (toujours aussi bonne).

Gilbert, Jenny
et leur charmant bambin Raphael, avant le saut vers le brésil, ainsi que
Miguel l'espagnol qui se préparait pour Tobago. Tous réunis pour un instant
avant de prendre des directions différentes sur cet immense océan !!!

Un moment de
détente avec Carlos un cap verdien prêt à nous rendre service.
Les instructions sur le cap vert sont
claires. Avant de faire affaire avec les gens du cru, il faut bien discuter
des tarifs et éventuellement l'écrire afin d'éviter tout malentendu et tout
problème !!!
22 mars 2007 à 13 heures :
Démarrage du moteur, nous sortons du
port pour un saut de plus de 2000 miles !!! oups !!! c'est le double de ce
que nous avons fait !!! ouah !!! même pas les boules !!! nous nous déhalons
entre les voiliers afin d'éviter l'épave non signalée, nous envoyons la
grand voile, l'artimon ainsi que le génois. Comme les courants sont forts
entre les 2 îles les plus à l'ouest, le moteur tourne à mille tours. La mer
est belle et l'effet venturi s'est calmé. Il souffle un bon petit vent de NE
qui nous rapproche de la Martinique.

Adieu le Cap vert !!!
