Prévoir, c'est gouverner. Il faut donc que je me jette à l'eau pour notre première traversée de l'atlantique. Et pourtant, il reste de nombreuses bricoles à effectuer avant le départ. On se dit "ça, je le ferais en mer, c'est pas urgent", pourtant on attaque et on termine. Dans ce cas là, nous ne partirons jamais alors il faut se décider.
Quand le problème des papiers sera réglé (ce qui n'est pas le cas aujourd'hui (4 octobre 2006) puisque je viens d'apprendre que mon assureur ne me couvrirait que jusqu'aux Canaries, il faut chercher un autre assureur.

Bon, passer le cap de la déception, il faut réagir. Comme c'est en bonne voie, Cogito sera prêt à larguer les amarres mercredi 11 octobre, si "Eole" est avec nous, sinon il faudra revoir la copie pour un départ retardé.

C'est un itinéraire virtuel car seuls le vent et la mer sont les maîtres de notre destin.


  L'itinéraire et les escales prévues de Cogito II lors de sa traversée transatlantique.

Notre première escale se fera en Espagne afin de faire les derniers ravitaillements comme le fuel qui est trop cher en France. "Radio ponton" me dit qu'il faut faire gaffe car le fuel est moins raffiné en Espagne et qu'il cause parfois des pannes de moteur. Qu'à cela ne tienne, nous avons acheté assez de produits pour détruire toutes les bactéries dans le réservoir de 650 litres.

La deuxième escale se fera au sud de l'Espagne. Pourquoi ? c'est très simple on ne connaît pas et "radio ponton" nous dit que c'est magnifique et c'est pas cher. Alors pourquoi s'en priver ? Il n'y a pas de pointeuse sur un voilier et de toute façon, il faudra faire avec "Eole" et la mer.

Le troisième arrêt se fera à Gibraltar car c'est un site historique et mythique et  j'ai envie de passer 1 ou 2 jours à regarder passer les bateaux. De plus c'est une plaque tournante entre la méditerranée et l'océan atlantique. Alors, à nous le plaisir du tourisme dans cette zone de transit.

La quatrième est plus compliquée car il faudra louvoyer entre les cargos et tous les mastodontes qui encombrent toutes les mers et les océans de cette planète, avoir une vigilance accrue pour les bateaux de pêche qui ont tendance à sortir de nuit ou aux premières lueurs de l'aube, aux courants de l'océan, zieuter le vent afin d'être près à virer de bord lorsqu'il tourne comme c'est souvent le cas dans ces parages. Enfin bref être sur le qui-vive 24 heures sur 24. Ok, la traversée reste modeste puisque 600 miles nous sépare de cette île, soit une traversée de 4 jours (et 4 nuits). Une balade en fait si les vents sont portants.

Par contre, Madère m'attire car les instructions nautiques nous disent que c'est une île où l'hiver a oublié de s' arrêter. De plus j'ai une parole à tenir puisque mon fils Arnaud m'a si bien aidé dans la réfection du bateau, que je lui ai proposé de l'emmener dans l'endroit qu'il souhaitait : Madère. Alors la montre s'arrêtera 2 à 3 semaines, le temps de visiter cette île magnifique et ses nouveaux ports de plaisance  que peu de voiliers utilisent puisqu'ils ne sont pas sur les cartes. "Le pied" quand on a envie de ne pas être bousculé quoique Cogito aurait tendance, si je le laissais faire "à bousculer" les autres sans se faire mal, (27 tonnes) c'est rare de voir des unités de ce poids excepté du côté de la Provence.

A nouveau, pour la prochaine étape vers les îles Canaries, nous regarderons la météo et larguerons les amarres lorsque le vent se stabilisera au nord, nord ouest, nord est ou est. A nouveau, cap au 180° avec 230 miles pour la plus proche et 270 miles pour la plus éloignée des îles Canaries. Oups !!!! quoi dire sur ces îles que je ne connais que par "radio ponton". Et bien, vous le découvrirez  lors de la mise à jour du site.

Pas de date prévue de départ pour les îles du Cap vert car de toute façon, il faudra attendre les alizés qui ont parfois tendance à se faire désirer. Une semaine ou 2 dans ces îles en attendant à nouveau que le vent soit avec nous afin de naviguer dans de bonnes conditions car nous avons environ 800 miles au cap 210°, une ballade de 5 jours (et 5 nuits). Cogito n'aime pas le près car il a tendance à tirer des bords carrés, il préfère de loin le vent sur son travers ou de trois quart arrière comme son skipper d'ailleurs. Moins berrouetté, l'équipage peut se détendre un peu et préparer mentalement la prochaine escale. C'est vrai que je n'ai pas encore installé la nouvelle grand voile et qu'il devrait pouvoir se rapprocher d'un près correct (35 à 40° du vent), mais lorsqu'il prend le vent par le travers, largue ou grand largue, il file à des vitesses supersoniques de l'ordre de 10 à 13 noeuds. (1  noeud = 1 mile = 1852 m)

Comme les îles Canaries, je ne connais pas ces dernières alors je donnerais mon avis pour les plaisanciers et tous ceux que cela intéresse lorsque j'y serais. Par contre, pour trouver un port, ou un cyber café dans ces îles me semble quelque peu difficile. On verra lorsque nous y serons.

Si tout se passe bien, sans casse et sans heurts :
A nouveau, on attend "Eole"
(c'est le Dieu du vent dans la Grèce antique) afin de traverser la mare aux harengs (quoique le paradis les harengs se situe bien plus au nord dans l'océan atlantique). 2100 miles nous séparent des Antilles (tout dépend des îles que l'on souhaite visiter en premier). Alors, en dehors des routes maritimes importantes, avec une alarme sur le pilote et sur le radar, nous pourrons faire des indigestions de poisson  et préparer de bons plats comme on en a déjà fait des dizaines lors de nos précédentes traversées en méditerranée. Soyons prudents, les placards de nourriture seront pleins au cas ou !!!!!!!

 

Comme vous pourrez le lire, comme le disait si bien Bernard Moitessier, mon père spirituel, " les gens pensent qu'on est toujours en train de bosser sur un bateau ?". Eh bien, en tant que skipper, j'espère que j'aurais du temps pour me reposer, bouquiner, regarder des films, bien manger et boire modérément afin de conserver toutes mes facultés en cas d'urgence.

Un mot revient souvent dans les termes des marins à voile : attendre !!!!!

"Tout arrive à qui sait attendre"

Pour celles et ceux qui consultent ce site, et qui ne connaissent pas  les différentes amures, cliquez sur la photo ci-dessous :

Cogito par vent arrière à l'approche des îles sanguinaires  à l'entrée du golfe d'Ajaccio.

 

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