Depuis le début ce
site est un résumé de nos expériences et pensées communes vécues par
un capitaine et son second ; Dans note cas, père et fils. La gestion du site
web est une tache qui nous a pris beaucoup de temps à tous les deux, elle
n’a cependant jamais été une corvée, car écrire et partager son vécu est la
meilleure façon de mieux se connaître soi-même.
Taches à réaliser entre
autre :
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Construction.
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Gestion du site.
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Rédaction de celui-ci.
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Notes précises des
dates et événements sur le livre de bord de Cogito.
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Retouche photo,
amélioration graphique de l’ensemble.
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Sans oublier
l’attention permanente à capturer le moindre événement !
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Mises à jour en
ligne.
Le thème choisit
est à l’évidence un hommage à notre maison à tous, notre vaisseau solitaire
au beau milieu de l’espace, c'est-à-dire notre plus précieux joyaux ici
bas : la TERRE. Hommage largement mérité car elle est magnifique et nous a
souvent offert, lors de ce voyage, des spectacles remarquables bien au-delà
de notre imagination. Le mot d’ordre de cette traversée était : respecte la
mer et elle te respectera ! Et hormis un malheureux écart dans
l’atlantique, nous n’avons pas failli à cette règle, ni déchets, ni mégots,
ni autres matières plastiques n’ont étés jetés par-dessus bord. Bien
d’autres ne peuvent pas en dire autant malheureusement…
Car c’est bien
pour découvrir notre planète et mieux la connaître que je suis parti
naviguer sur les vagues infinies de l’atlantique, parfois langoureuses et
accueillantes, parfois hostiles et inquiétantes, pour enfin trouver, au fil
des nombreuses heures de quarts et de navigations, d’étapes sur les îles,
matière à réfléchir. Devenir plus humble et échapper enfin à l’éternel
manichéisme social européen, qui consiste à tout juger en bien ou en mal. La
nature ne s’embarrasse pas de tels jugements, la seule loi qui y règne
c’est : débrouille-toi, sinon les poissons eux, sauront bien quoi faire de
toi !! lol C’est pour cette raison qu’en mer l’impression d’être en
sécurité ne doit pas céder la place à la certitude de l’être ! Car une
vigilance permanente est requise. Et c’est finalement le seul et unique
point négatif de la navigation car la fatigue n’est pas autorisée : quand la
mer se fâche ou que le vent se monte, ou bien encore dans une zone de fort
trafic, le rythme cardiaque passe alors de l’état de repos complet, à l’état
d’alerte générale en quelques secondes, et ceci deux à trois fois par jour
au minimum ! Dur, dur quand on dort que quatre à cinq heures par nuit ! Hé
oui, nous sommes loin de la croisière touristique, sans compter qu’au
mouillage la vigilance reste encore de mise, car en huit heures tout peut
changer.

Il est
impossible de vivre une aventure sans s’y investir pleinement, et je pense
notamment aux réparations en pleine mer, dans la houle, sous voile, ou
lorsque le capitaine est monté dans le mat à la gîte au milieu de
l’atlantique alors que la nuit tombait, ou de dormir dans une couchette
inclinée entre 10 et 20 degrés en permanence, ou encore marcher sur le pont
glissant en pleine nuit sans rien y voir pour démêler une drisse, et enfin
passer de longues heures seul en veille, dans l’obscurité où l’on entends
plus que le bruit de l’étrave écarter l’eau dont on ne distingue même plus
les vagues, l’ouïe devient alors le seul capteur fiable qu’il nous reste !
Étonnamment ce
sont les moments que je préfère car lorsque ça « bastonne », quand ça
« cogne », que la situation se fait urgente le taux d’adrénaline grimpe en
flèche, on se sent animé par une force invisible. On se sait néanmoins
fragile face aux éléments, même le bateau, si costaud d’habitude semble
souffrir. Comme le dit un proverbe corse : le marin est alors entre deux
mondes celui des morts et celui des vivants … ! L’action est là,
omniprésente, rien à faire pour l’éviter, plus rien ne compte alors, il
faut y aller et tout s’enchaîne comme dans un film on semble parfois même
survoler la scène tellement l’esprit et actif et attentif, la vie nous anime
pour trouver des solutions. La panique et inacceptable, elle condamnerait
sans doute l’équipage et le bateau… Au final, c’est quand la situation se
calme que l’on se prouve à soit même que le mental domine avant tout !
Si je parle de
mental c’est que je suis depuis longtemps à bonne école. Mon père est
l’exemple parfait du marin qui n’est pas prêt à se laisser impressionner par
une situation brûlante. Dynamique et déterminé, même blessé, il pense et
œuvre pour l’équipage et pour le bateau avant tout, puisque c’est notre
cellule de survie quand les éléments se fâchent. L’inaction pourrait
accabler cet homme, mais certainement pas les défis. Si je l’appelle
Capitaine même en privé, c’est avant tout parce qu’il en a toutes les
qualités. Peu importe l’état de la situation, il agira car il le faut.
Pas de discours ni de questions inutiles, juste des réactions
indispensables. Il est bien évident que sans lui et sa détermination
exemplaire pour ce projet, son savoir en navigation et son courage face à
l’ampleur de la tache à accomplir rien n’aurait été possible. Dans tout
les cas je suis fier de toi Papa, et heureux d’avoir participé à la
réalisation de ton rêve ainsi que du mien. Ne change jamais car tu es
quelqu’un de bien, souvent même bien plus tolérant à l’égard des
autres que ton propre fils !
Ce projet a débuté
bien avant 2006 car le début réel de l’aventure commence en 2001 avec
l’achat de ce bateau exceptionnel. Et le mot et faible, car bien des
commentaires admiratifs ont été émis par les nombreuses personnes qui l’ont
vu. Mais la chose la plus incroyable c’est qu’à force de vivre dessus nous
finissons nécessairement par lui découvrir une âme ! Celle que l’on veut
bien lui accorder, car en navigation Cogito devient une entité à part
entière, à qui l’on parle, que l’on protège, pour qu’il nous protège en
retour ! Et si chaque Marin parle de son bateau avec respect et amour, c’est
sans aucun doute pour cette raison. Car lorsqu’on est seul en mer, et que
l’on ne croit pas en Dieu, alors la cohérence de tels sentiments devient
évidente face à la puissance et l’immensité des éléments qui nous entourent.
Une joyeuse bande
de globetrotteurs espagnols, qui avait baroudé dans le monde entier, nous
ont dit lors d’un apéro d’escale, à propos du voyage en général, et en toute
autonomie : que l’on en connait le début, mais que l’on n’en connaît pas la
fin. En clair, que c’est une drogue dont on ne peut plus se passer, une fois
la première étape franchie ! Car on est enfin
Libéré des contraintes sociales, de la pensée unique qui pousse les peuples
à ne plus penser qu’en statistiques ou en valeurs financières, et, en effet
je rentre en France et malgré l’approche des grandes vacances je n’entends
parler que d’argent et de manque de temps ! Avons-nous réellement perdu la
notion d’apprécier de prendre notre temps !?
Dans les îles le
rythme de vie est singulièrement différent ! Mais on les comprend parce
qu’ils ne vivent que des printemps et des étés. Durant ces périodes chez
nous, en France, on pense à tout sauf au travail ! Une chose m’a
particulièrement marqué à mon retour, parce que durant le feu d’artifice du
14 juillet en France il faisait
moins chaud, que lors du feu d’artifice du jour de l’an à Las Palmas.
Paradoxalement j’ai
pris tout mon temps pour « vivre » lors de cette année sabbatique, et malgré
cela, le temps n’a jamais filé aussi vite ! Si j’avais un seul conseil à
donner pour les personnes
susceptibles de réaliser un tel voyage, ce serait sans doute que ce rêve et
accessible à une grande majorité de personnes. Chaque année 500 voiliers
traversent l’atlantique par leurs propres moyens, néanmoins seul deux
qualités sont essentielles, volonté et détermination.