"La vie est un
long fleuve tranquille". Il y quelqu'un qui a dit cela, mais en mer, ce
n'est pas toujours le cas !!!
Aujourd'hui, 10 septembre 2007, Cogito
est à la pioche au Marin, il fait chaud, "Eole" est absent, mais les grains
sont présents, eux. La mise à jour du site s'est fait attendre mais en
lisant les prochaines lignes vous comprendrez mieux, quoique Arnaud, le
fiston, vous a déjà parlé de "DEAN" dans le site.
Mais retournons quelques jours en arrière, avant le départ de mes passagers,
c'était aussi à Canouan, mais la direction n'était pas la même, nous
descendions vers le sud !!!
Un habitant du coin est venu avec
palmes et tuba pour nous offrir une langouste, nous avons acheté les
autres... Quel régal pour nos deux jeunes qui n'en avaient jamais mangé !!!!

Sur la table du
carré de Cogito 2 !!!

C'est difficile
de commencer, il ne manquait qu'un petit muscadet sur lie pour que tout soit
parfait !
Explication :
comment on mange une langouste ???

Yaëlle est
pensive, vais-je y arriver ???? Non, c'est sa mère qui le fera !!!
trop difficile de couper ces bestioles !!!
Juste un petit rappel pour donner le
ton à ces merveilleuses vacances passées à plus de 7000 kilomètres de
France.....
9 août 2007 :
9 heures. Le départ de mes passagers a
fait un grand vide. J'ai le blues. Je viens de boire un café et je fume
cigarette sur cigarette !!! car j'ai pas trouvé un seul cigare dans toutes
ces îles superbes !!!
Un bateau accoste, il me faut quelques minutes pour réaliser ce qui arrive
et dans son anglais que je ne comprends pas, il me propose une langouste !!!
c'est interdit jusqu'au 31 août, mais cela peut me redonner la pêche, alors
ok, je lui dis "oui" !!!
Quelle bêtise vais-je encore faire
????? j'ai vraiment pas la tête à la réflexion !!!
Elle est énorme et je suis seul, tant pis, je vais me la faire cuire, mais
dans quoi ?j'essaie la cocotte minute, mais elle est trop petite !!!

Elle me regarde
et j'ai envie de la foutre à l'eau !!! elle a peur, et moi, je ne sais pas
comment faire pour cuire cette bête !!! elle est beaucoup trop grosse.
Comme il n'y a rien à manger dans
cette île, alors je me décide à l'occire !!! quel carnage, je le regrette
encore aujourd'hui, mais ce qui est fait est fait et je me suis quand même
bien régalé !!!
Il m'a fallu lui couper les pattes, les antennes beaucoup trop longues pour
rentrer dans la cocotte. Le problème c'est que cette pauvre langouste était
encore trop grosse pour rentrer dans la marmite !!! alors je l'ai faite
cuire petit à petit en la retournant toutes les minutes.

Elle a encore
envie de partir la pauvre, mais c'est trop tard, les pattes sont dans une
grande casserole et le corps dans la marmite !!!

Et voilà le
résultat, c'est rouge quand c'est cuit mais quelle galère !!! j'aurais mieux
fait de la remettre à l'eau.

La
bestiole reconstituée sur la table du carré !!! elle est énorme !!! Pour
vous le prouver, j'ai placé une boite de chocolats apportés par les jeunes,
juste à côté !!!
10 et 11 août 2007 :
Je termine mes repas "langouste", et
je vais vous le dire, j'en ai ras le bol d'en manger !!! Pourquoi on
ne nous l'a pas proposée lorsque nous étions 4 à bord, cela aurait fait la
joie de mes passagers.
Entre les repas, je passe 2 jours sur le gros pilote qui ne fonctionne plus,
je démonte tous les fils et je les remonte un par un car je ne suis pas
électronicien.
Je branche le pilote, mais 'nada', rien, il ne veut pas faire son test de
démarrage...
Mince, il va falloir que je remonte en Martinique car il n'est plus question
de descendre seul au Venezuela avec le petit pilote car la remontée en
novembre risque d'être hard !!! avec les vents dominants de NE.
Je vérifie le moteur et le gasoil, il me reste 100 litres, alors c'est
décidé, je remonte demain au Marin via Béquia.
le 11 août, Je descends à terre pour
essayer de trouver quelque chose à grignoter, car je pars le 12 pour Béquia.
Il n'y a rien, alors je rentre en annexe. Avant de la remonter, j'écope
l'annexe qui s'est pris un gros grain quand un pêcheur du coin passe à donf
à quelques mètres du bateau, sa vague est si puissante que je passe par
dessus bord (de l'annexe) ! c'est chaud, et je remonte aussitôt dans
l'annexe. Heureusement qu'elle était encore dans l'eau car l'échelle n'était
pas à poste !!! et je me serais noyé !!! oups !!!

Tous les papiers
sont à sécher sur la table du carré : passeport, dollars EC, carte
d'identité, permis de conduire, chéquier, livret du bateau !!! enfin tout
!!! la clé USB pour la prise des fichiers météo, le téléphone portable qui
était allumé et qui maintenant est HS ... Il me faudra aussi démonter la clé
USB, car elle ne fonctionne plus.
Je la démonte, lui verse de l'eau
(douce cette fois), l'essuie et la fait sécher au soleil !!! elle fonctionne
à nouveau à mon grand plaisir, je descends à terre pour avoir les fichiers
météo et comme ils sont bons, c'est décidé, je pars demain.
12 août 2007 :
9 heures, le moteur démarre et
l'adrénaline aussi, mais avec un nombre de tour bien plus important que
celui du moteur. C'est vrai que cela me fait ça, chaque fois que je décampe,
mais aujourd'hui c'est pire car je suis seul pour mener ce merveilleux
bateau qui fait quand même 27 tonnes !!! bien seul en effet, mais c'est
décidé, je me barre !!!
Je hisse la grand voile avec 2 ris, et je largue l'amarre de la bouée sur
laquelle nous étions amarrés pour être plus près du quai de débarquement de
mes passagers.
Tout fonctionne, je regarde la météo, elle annonce du vent à 90°, alors tout
est pour le mieux.
Dès que je quitte l'île, oups !!! le vent forcit, avec 2 ris dans la grand
voile et un petit génois (style foc n° : 1), ça berouette dur avec des creux
de houle de 2 mètres !!! et puis le vent tourne pour venir face au bateau,
alors j'enroule le génois et je remets le moteur à 1200 tours pour m'aider à
remonter au vent. A 3 miles de Béquia, une sirène hurle : c'est le moteur
qui chauffe, trop tard pour faire demi tour, alors je baisse le régime à
1000 tours et l'aiguille redescend quelque peu !!!
Que d'emmerde !!! heureusement que je suis seul car c'est plus cool de gérer
les problèmes !!!
13 heures, j'arrive enfin dans
la baie, et il n'y a personne pour m'aider à m'amarrer à la bouée, alors je
tourne en rond en attendant qu'ils se réveillent "les pedros du coin" !!!
C'est un français qui était en train de déjeuner, qui a pris son annexe pour
m'aider à embouquer la bouée !!!
Lorsque je suis amarré, je descends dans le carré. Oh, j'ai un message
urgent d'Arnaud qui me demande de le rappeler !!! ce que je fais aussitôt
!!! oups !!! c'est la tuile : Onde tropicale qui risque de devenir "Cyclone
de niveau 1" et qui devrait passer sur la Martinique. Mince, pas de bol, je
descends prendre les fichiers météo pour les installer sur mon ordi.... Ouah
!!! c'est chaud et je ne sais plus quelle décision prendre !!! je cogite et
je décide : je reste ici !!! et advienne que pourra !!!
"Dean" est gros, trop gros pour Cogito
!!!
13 au 14 août 2007 :
Pas de panique à Béquia, tout est cool
comme si personne ne savait ce qui se passe !!! Je plonge pour nettoyer
l'entrée d'eau du moteur qui était pleine d'algues, mais j'ai pas oublié de
mettre l'échelle pour remonter !!! lol !!! Le 14, arrive un voilier français
!!!
Aussitôt, l'annexe démarre pour leur
demander s'ils remontent ou descendent !!! "Ils remontent vers la
Martinique" oups !!! je les informe de la situation, et c'est comme cela que
je rencontre un charmant couple (Jérôme et Pascale) avec 2 enfants géniaux
(Sarah et Antoine). Ça cogite sec : qu'est ce que tu fais ? Ou tu vas ? On
descend ? On remonte ? c'est plein de questions mais pas de réponse. Dean
est à 1500 miles des petites Antilles, alors il peut encore faire ce qu'il
veut "l'enfoiré" !!! "Cogito reste où il est". Ok, bon, nous aussi.

Jérôme, Pascale,
Sarah et Antoine sur leur sloop neuf "Némo" !!!
15 août 2007 :
Toujours pas de panique à Béquia, je
vois des bateaux qui lèvent l'ancre et qui remontent !!! il y a même un
bateau italien qui remonte vers Ste Lucie pour être dans le port de "Rodnay
Bay", ils seront plus en sécurité ??? oups !!! pas sûr !!! surtout si DEAN
poursuit sa trajectoire !!!
16 août 2007 :
10 heures : je descends à terre reprendre les fichiers météo. Lorsque
je reviens c'est la panique dans la baie !!! le cyclone se renforce au
niveau 2/5 et prend de la vitesse, il tourne à plus de 30 nds maintenant, sa
direction n'a guère varié !!! mais il est encore à 900 miles des côtes !!!
15 heures : c'est la première fois que je vois les navettes quitter
le quai pour se mettre sur pioche, cela risque de chauffer !!!
16 heures : le pédro qui me taxe chaque jour vient me voir pour me
demander de mettre la pioche !!! oups, seul, ça va être chaud, mais il se
propose et je lui largue la grosse ancre dans son annexe avec 55 mètres de
chaîne de 12. Pour le remercier, je lui file 10 $EC.
17 heures : toutes les voiles des bateaux sont ficelées comme des
saucissons !!! je me décide à faire de même. Cogito se retrouve avec le
génois tout entortillé dans ses écoutes, la grand voile et son lazy bag dans
un bout de 16 et l'artimon dans un bout de 12. Je vois les marins qui
quittent leurs navires pour aller coucher à l'hôtel, moi je reste sur mon
bateau car c'est la meilleure solution pour enclencher le moteur au cas où
!!! J'ai dégagé le pont, rangé tout ce qui n'est pas indispensable dans les
coffres et j'attends !!!
17 août 2007 :
00 heure : La nuit et la journée seront longues et pénibles, le
cyclone s'est renforcé au niveau 4 puis 5. Je n'ai pas dormi 1 heure mais je
suis cool, c'est mon premier cyclone et c'est super, ça berouette dans tous
les sens, pire que dans une machine à laver car il n'y a plus de vent, le
cyclone a aspiré le vent et la mer, et nous retourne une houle de SO à O qui
arrive tout droit du large !!!. Pas de creux violents mais c'est la merde
car on ne peut rien faire que de subir !! Alors je me demande ce qui doit se
passer au Marin !!! j'essaie d'appeler, mais les communications sont coupées
!!!
Dean dans toute sa puissance, je suis
amarré à Béquia sur une bouée (carré noir sur la carte) et je devais me
rendre au Marin (triangle noir sur la carte) !!!
C'est décidé, je reste ici en attendant que DEAN se casse ailleurs !!!
Ci dessous 3 cartes de l'ordinateur,
montrant le déplacement de Dean toutes les 3 heures ainsi que la carte de sa
position le 17 août à 1 heure. Le carré noir sur la carte, c'est Cogito au
mouillage, le triangle, c'était sa destination !!! oups !!!

Position de Dean
le 17 août à 1 heure du matin (lima ou locale) !!!

17 août à 13
heures (lima) !!!

17 août à 16
heures (lima) !!!

17 août à 19
heures (lima) !!!
Comme vous pouvez le voir sur ces
photos de la météo, j'ai eu chaud. Heureusement qu'Arnaud, le fiston,
veillait !!!
Selon Météo France, il devait passer sur Fort de France, puis d'heure en
heure, il s'est modifié pour passer plus au nord, et revenir vers le sud
quelques heures plus tard.
En fin de compte,
je l'apprendrai plus tard, il est passé entre Sainte Lucie et le Marin !!!
avec des vents à plus de 180 kilomètres par heure !!!
18 août 2007 :
La mer est toujours désordonnée.
Cogito roule bord sur bord. Vent nul : 0 noeud. Mais la mer se défoule, elle
déferle sur les digues avec des sauts de plus de 3 mètres inondant tous les
restos.du bord de mer !!! Difficile de faire des photos sur un voilier qui
n'en fait qu'à sa tête !!!

Ça piaule, et
nous n'avons encore rien vu car le déluge va s'abattre d'ici quelques heures
!!!

Désolé pour ces
photos, mais je ne n'ai plus de photographe dans mon équipe. De plus, c'est
difficile de prendre des photos quand le bateau roule bord sur bord !!! pas
question de mettre l'annexe à l'eau et de reprendre un bain forcé !!! lol
!!!

On voit au loin
la mer qui déferle, mais comme c'est un appareil numérique, j'ai pas de bol,
je suis toujours en avance ou en retard par rapport aux vagues !
Et puis, c'est le déluge qui nous
tombe dessus !!! toute la journée et toute la nuit ce sont des trombes d'eau
qui dégringolent !!!
19 août 2007 :
10 heures : la mer que je
disais "turquoise" est devenue couleur terre. Des troncs d'arbre flottent au
gré du courant, ils sont énormes, la mer est pleine de noix de coco et de
feuille de cocotier, il y a même des cocotiers avec leurs racines qui s'en
vont vers le large. Yaëlle serait contente, elle pourrait pêcher un autre
poisson cocotier !
Ces deux dernières nuits, je n'ai même pas dormi 2 heures !!! c'est chaud
!!! je suis crevé !!!

Cette mer si
belle ou nous nous baignions plusieurs fois par jour et qui en quelques
heures et devenue un vrai bourbier !!!
20 août 2007 :
La mer se calme, je vais me faire une
sieste, elle durera 3 heures, jamais fait une sieste si longue !
21 août 2007 :
J'ai pu avoir la France, mais la
Martinique ne réponds toujours pas, j'aimerais bien avoir des nouvelles de
mes amis et du Marin !!!
Les navettes sont toujours au mouillage, c'est pas bon !!!
22 août 2007 :
J'ai enfin pu avoir la Martinique, Jean (voilier : Séléna) m'appelle pour me
dire que le marin a souffert, mais que la majorité des bateaux et les
pontons sont intacts. Voilà une bonne nouvelle !!! pourtant plus de 150
bateaux ont été touchés, coulés, sur les plages, dans la mangrove ... !!! ou
viandés de leurs bers !!!
Je descends à terre pour prendre la
météo, ils annoncent 30 à 35 noeuds sur Béquia pour demain, alors, cool, je
reste une journée de plus !!!
23 août 2007 :
Le petit pétrolier venu ravitailler
Béquia, repart, c'est bon signe !!! Il manoeuvre seul parmi les voiliers au
mouillage !!!

Il est petit,
mais très gros par rapport à Cogito, et pourtant il se débrouille seul pour
sortir de la baie. Pendant le cyclone "Dean", il était amarré sur 2 bouées
spécialement faites pour lui et avec ses 2 ancres !!!
J'ai prévu de partir demain alors je
vais faire quelques courses (enfin essayer), car ici, il n'y a pas grand
chose à se mettre sous la dent !!!

J'achète un
régime de bananes "que je pends sous la bôme de l'artimon" pour 10 $EC (un
peu plus de 3 euros) !!!
24 août 2007 :
7 heures : debout de bonne
heure, car j'ai 120 miles à parcourir, je ne vais pas m'arrêter à Ste Lucie
car je connais, et on va encore me taxer de 190 $EC, alors je vais filer
vers le marin et me mettre à la pioche, comme je prévois 24 heures de
navigation, je serais au marin de jour pour rentrer dans la baie.
8 heures 30 : le moteur tourne et je hisse la grand voile avec 2 ris
avant de larguer la bouée. Tout se passe bien, je me casse au moteur pour
sortir de la baie. Je fais 3 miles et je m'aperçois que l'ordinateur ne
fonctionne pas !!! oups !!! c'est la merde car je n'ai aucune carte
d'atterrissage, alors je fais demi tour pour en acheter, je me remets sur la
bouée que je viens de quitter "seul" cette fois-ci. La manoeuvre est
parfaite, la bouée est récupérée dès le premier passage et je descends
l'annexe.
Pour me faire comprendre c'est chaud, mais j'arrive enfin à acheter 2 cartes
de détail de Sainte Lucie (en cas de problème de moteur) et de la
Martinique.
La journée se passe a essayer de remettre en route l'ordinateur, mais
impossible malgré les compétences à distance de mon fils Arnaud. Alors c'est
décidé je me casse demain et je reprends le système de navigation avec point
GPS toutes les heures car dans ces coins les courants peuvent être forts !!!
25 août 2007 :
7 heures 45 : le moteur tourne
et cette fois, j'espère bien atteindre le Marin : 120 miles à parcourir à 5
noeuds, je pense atteindre le marin au lever du jour...
10 heures : je passe Saint
Vincent sans m'arrêter car sur cette île, il n'y a que des grains !!! des
grains et toujours des grains !!!

Saint Vincent
sous les grains, "comme vers la descente lorsque nous sommes passés", mais
ils n'arrivent pas jusqu'au bateau, on dirait qu'ils sont figés sur la terre
"tant mieux" !!!

C'est la même
désolation !!! je plains les habitants de cette île qui doit pourtant être
charmante !!!

L'île du diable
: "c'est Saint Vincent" où il n'y a que des grains, et pourtant en mer , je
n'en ai pas eu à cet endroit !!!
15 heures 35 : j'ai raté le point car j'ai entendu un énorme
bruit à l'intérieur. Des bruits, il y en a toujours, des objets qui
dégringolent car la mer est formée et Cogito a tendance à rouler un peu. Je
descends : c'est la cuisinière qui s'est vautrée !!! oups, un bout, une
cale, et je remonte sur le pont car ça berouette un peu. Je verrai le
problème à la pioche.
16 heures 00 : j'aperçois au loin les 2 pitons, j'avance petit à
petit avec les voiles, aidé du moteur quand le vent n'est plus là. 16 heures
15, je ne vois plus rien !!! il n'y a plus d'île : Ste Lucie a disparu !!!
Aurais-je rêver ???
16 heures 30 : je descends faire le point car je ne comprends
pas, je voyais l'île et je ne la vois plus, je n'ai même pas eu le temps de
prendre la longitude que Cogito se couche,
je suis dans le carré et tous les hublots sont dans l'eau !!! je regarde
l'anémomètre au dessus de la table à carte : 40 noeuds à 90° !!! oups,
trop de toile, je remonte tant bien que mal pour voir le passavant bâbord
dans l'eau, la mer déchaînée et un vent qui ne cesse de souffler !!! je
largue l'écoute de grand voile, mais ce n'est pas assez, j'enroule le
génois, mais il ne s'enroule pas !!! une drisse est coincée dedans, en haut
de mât, alors je vais au pied du mât pour essayer de la décrocher, ça piaule
dur et le génois faseye !!! tout va casser si ça continue !!! la mer passe
par dessus le bateau et j'ai quelques difficultés à me cramponner, je suis
trempé. Heureusement que la mer est chaude !!! car je suis en short, torse
nu !!!
Je reviens dans le carré et cette fois-ci, le génois s'enroule !!!! le
bateau se redresse. J'ai même pas eu le temps d'avoir peur !!! dans ces cas
extrêmes, c'est l'action qui prime. De plus c'était une bêtise de ma part et
chaque bêtise se paie cash, "car voir et ne plus
voir l'île",
c'était le prémisse d'un grain.
Pas une goutte d'eau (venue du ciel) mais quel vent les amis, c'était chaud,
mais j'ai assuré !!! lol !!! cela a duré 1 heure, et ensuite le vent et la
mer se sont calmés. Il n'y avait plus de vent, alors j'ai remis le moteur
pour la X ème fois !!!
Je me rappelle que
lorsque je suis remonté, la première chose que j'ai regardé, ce sont les
mâts et les câbles (haubans) qui les tiennent, j'ai franchement pensé que
j'avais cassé quelque chose. La casse : c'est le génois qui s'est déchiré à
cause du vent ainsi que la drisse pour endrailler les pavillons sur bâbord.
Dans la piaule, j'ai perdu mon
régime de bananes !!! il est tombé à la mer !!! Pas de bol pour moi !!! Eh
oui !!! je l'avais détaché de la bôme de l'artimon car il pesait trop lourd
!!!
La nuit va être chaude !!! mais non,
elle se passe tranquillement, "sans vent, avec un peu de vent" et puis un
vent debout qui m'oblige à remettre le moteur car j'ai plus envie de tirer
des bords vent debout. Comme je l'ai déjà dit, Cogito n'est pas un bateau
pour remonter au vent, ou ses voiles sont trop fatiguées pour faire leur
boulot.
Je vois maintenant les lumières de la Martinique au loin, c'est rassurant et
emmerdant car il est 23 heures et je vais arriver bien avant le lever du
jour. Sans informatique, c'est impossible de rentrer au Marin, c'était déjà
chaud lorsque nous sommes arrivés la première fois avec Arnaud, le Fiston.
Seul !!! c'est du délire !!!, bof, on verra bien !!!
26 août 2007 :
1 heure : J'arrive dans
l'entrée de la baie, "j'entre ou j'entre pas" !!! j'essaie de mettre le
radar, comme il y a toujours cette foutue houle, il y a plein d'échos sur le
radar, je n'arrive pas à supprimer tous ces échos, alors je laisse tomber,
je mets le bateau à la cape, (grand voile bordée avec 2 ris et barre à
contre), j'attends de voir ce qui se passe, car le vent est revenu et la mer
désordonnée. La barre a besoin d'un bout, car seul, le petit pilote ne peut
pas la tenir, ce qui est fait quelques secondes plus tard. Tout ce passe
bien, alors je descends faire une sieste dans le carré. Il est 3 heures, je
me réveille et je sursaute, merde, j'ai dormi !!! oups !!! je remonte vite
fait sur le pont, Cogito se débrouille très bien tout seul, alors je
replonge dans le carré et je vais dormir pendant 2 heures de plus.
5 heures 30 : C'est l'heure ou le jour commence à revenir de l'au
delà, alors je démarre le moteur, et je me dirige vers les bouées vertes car
je ne vois qu'elles, pour l'instant et d'ailleurs je ne comprends rien !!!
Le soleil se lève, alors j'ai de la
chance car il m'aidera à apercevoir les bouées, mais heureusement que
j'avais les jumelles car sinon, cela aurait été chaud. Je vise les bouées,
et à 7 heure 30, la pioche tombe à quelques mètres d' où nous étions lors de
nos derniers passages. Oups !!! 127 miles parcourus seul, c'est pas mal, il
faudra que je fasse mieux la prochaine fois quand le gros pilote sera réparé
!!!
Lorsque j'ouvre les yeux après
quelques heures de sommeil, c'est le désastre que je constate tous ces
bateaux couchés, coulés, sur les coraux ...

En plein sur le
banc de corail !!! pas de bol !!! et cela pourrait m'arriver aussi. Je ne me
moque pas, car la nature est capricieuse, et tout ce que l'on peut faire
c'est d'assurer le bateau sur ses ancres et prier !!!

Encore un autre
bateau sur le même banc de corail, faut dire qu'il est long et grand ce banc
!!!

Ces 2 bateaux se
sont aussi retrouvés sur le même banc de corail avec plus ou moins de dégâts
!!! Celui de gauche est complètement explosé !!! et le 9 septembre, son
grand mât tombera aussi !!!

Celui-ci est
ailleurs dans la baie, sur un autre banc de corail !!!





Drôle
de nom !!! pour un bateau dans cette position !!! à croire qu'il en a marre
de naviguer !!! lol !!!


Des toitures
découpées comme des boites à sardines !!!

Ces photos ne
sont pas de moi, mais d'un couple de suisse qui bourlingue depuis 1987. Je
les remercie vivement de m'avoir fait profiter de ces instants et de vous
permettre de voir les dégâts causés par un cyclone.
Ce couple navigue
depuis 1987 et il vient de se prendre son 2ème cyclone au marin. C'est
'Jacky et Monique' sur leur voilier en aluminium "LEYSIN II" qui s'étaient
réfugiés dans la mangrove et qui n'ont heureusement rien eu. Merci pour ces
belles photos !!!
Le premier c'était "Hugo le 15
septembre 1989".
Jusqu'au 28 août 2007, je ne dormirai
que par période d'une heure 30 car je n'ai mis que 30 mètres de chaîne et ce
n'est pas assez pour un voilier de 27 tonnes. Je ne pouvais pas faire mieux
puisque je me suis retrouvé avec une bouée de mouillage qui risquait avec
tout changement de vent de passer sous le bateau.
28 juillet 2007 :
Mes voisins hollandais se cassent, après de longs efforts pour remonter
leur ancre, car ils en ont remonté 2, la 2ème était une ancre perdue au
fond, alors dès qu'ils sont partis le moteur tourne et je relève la pioche
pour la remettre plus au nord. J'ai maintenant 55 mètres de chaîne et je
suis très heureux car les ondes tropicales, elles peuvent être méchantes !!!
29 et 30 août 2007 :
RAS, je dors, et je récupère des longues nuits sans sommeil !!!
31 août 2007 :
Réveillé à 7 heures par le téléphone
!!! c'est mon épouse qui m'annonce une nouvelle onde tropicale avec
éventuellement "cyclone" sur Béquia !!! (il aura d'ailleurs pour nom
"FELIX").
C'est pas possible, cela va pas encore remettre ça ????
Ça commence à 8 heures du matin avec du vent et quelques grains. Je
descends l'annexe pour prendre les fichiers météo. Je reprends l'annexe à 17
heures 30 avec l'ordinateur emmailloté dans un sac en plastic, et là, il se
passe quelque chose, car à cette heure, il n'y a plus de vent et la mer est
belle dans la baie, alors qu'aujourd'hui, ça piaule et ça berouette sec !!!
Tiens !!! j'ai un nouveau voisin sur bâbord !!! oups !!! un cata sans
personne dessus !!!
Je remonte à bord et je range tout sur le pont. Je remonte l'annexe et je la
sécurise avec ses amarres sur les taquets d'amarrage de Cogito.
20 heures : le vent forcit, (30 à 35 noeuds dans les rafales). La
nuit va encore être mouvementée.
23 heures 30 : je vois passer le cata sur bâbord (mon nouveau voisin
qui dérapait depuis quelques heures !!! oups !!!) qui dérape toujours et qui
va s'encastrer dans 2 bateaux sur leurs 2 bouées et qui sont à couple. Je
leur demande s'ils ont besoin d'aide, mais comme il y a beaucoup de monde à
bord, ils me répondent que c'est bon !!! ok !!!
00 heure 30 : Je viens de regarder un film sur mon ordinateur
avec le 220 volts, les batteries sont toujours aussi chargées, c'est dire si
le vent est abondant !!!
Je remonte sur le pont pour jeter un
coup d'oeil sur bâbord, tribord, devant, derrière, tout semble cool au
niveau de mes voisins. Le problème c'est qu'il n'y a personne à bord de la
majorité des bateaux !!! et je suis seul en cas de problème !!! lol !!!
2 heures : J'entends du bruit dehors alors je remonte sur le
pont. Avec ma lampe qui éclaire très loin, je fais le tour du bateau, et
oups !!! un nouveau voisin : un sloop de 35 pieds qui dérape !!! Pour
l'instant, il semble partir sur mon voisin de tribord, un cata. Je surveille
car bien entendu, il n'y a personne à bord sur ces 2 bateaux et c'est le
choc !!! le sloop semble s'être arrêté de déraper et cogne sur le cata.. Il
le fera toute la nuit, et moi, je ne dors pas car un changement de vent
pourrait me le balancer sur Cogito. Je mets tous les parebattages, sur la
proue et de chaque côté du bateau, la nuit ne sera que veille, mais je ne
suis pas le seul, puisque mon voisin sur mon 3/4 arrière veille aussi. Il
est vendeur de bateaux au Marin et vit sur son bateau en acier.
6 heures 45 : Je remonte sur le pont pour zieuter le sloop. Ah
il s'est dégagé du cata et se trouve quelques mètres derrière !!! Comme tout
semble correct je décide d'aller faire un somme.
7 heures : le téléphone sonne, trop fatigué pour répondre, je laisse
faire. Il sonne 4 fois, cela doit être sérieux alors je me lève : c'est
Arnaud qui me dit que le colis est bien arrivé, et qu'il a déjà démonté
l'ordinateur. C'est le clavier qui a pris l'eau et qui est HS. Oups !!! il
me demande ce qu'il faut faire. J'ai pas dormi, alors, difficile de prendre
une décision, je lui explique, et je fonce dans mon lit...
8 heures 30 : je n'arrive pas à dormir, "Eole" est parfois capricieux
et le vent se renforce !!!
Je sors du lit pour me faire un café !!! J'entends un bruit de moteur, alors
je me lève pour voir une grosse annexe s'amarrer au cata (elle est en boudin
gonflable avec une barre au milieu) : je me dis que c'est un chantier et
qu'ils ont de sacrés relations pour venir si vite !!!
J'aurais mieux fait de me couper un doigt !!! lol !!!
Le pedro du cata commence à remonter l'ancre, je lui crie qu'il y a eu
quelques problèmes de dérapage cette nuit, mais il s'en fout et continue. Il
se retrouve avec 2 ancres !!! il essaie de manoeuvrer pour se dégager, mais
rien n'y fait. Comme ses mouvements sont trop brusques, je suis sur le pont
car j'ai pas envie qu'il se colle sur Cogito. Après quelques essais, il
téléphone pour demander de l'aide au chantier. Un 2ème larron arrive peu de
temps après avec une annexe en polyester (comme les marins du port mais en
plus petite). Ils s'énervent, un moteur casse et ils se retrouvent en train
de dériver sur Cogito. Comme les parebattes sont sortis, je les attache sur
les filières pendant qu'eux font de même sur leur cata. Au bout de quelques
minutes, ils décident de couper le dernier maillon de la chaîne afin qu'ils
puissent se dégager !!! je leur dit que c'est la pioche du sloop qui a
dérapé, mais ils répondent que ce n'est pas possible car dans leur
manoeuvre, il aurait bougé ??? Que ce n'est qu'une ancre qui a été perdue au
fond du fait de l'ouragan !!! Que répondre à des professionnels ??? ou
plutôt des pedros qui se disent professionnels ???
Ils coupent la chaîne et se cassent
!!! Bizarre !!! le sloop ne bouge pas malgré le vent qui se renforce par
moment, c'était sûrement une ancre restée au fond !!!
9heures 30 : ça piaule toujours, grains et vent sont mes seuls amis
maintenant, quoique je préfèrerais m'en passer.
15 heures : C'est bizarre, j'essaie de dormir et je n'y arrive pas
!!!
J'entends une cavitation et je me relève !!! c'est une charmante dame
(Véronique : je l'apprendrais plus tard) qui vient s'amarrer au sloop de 35
pieds. Aussitôt, je lui crie de déplacer ce bateau, comme le vent est
toujours présent, elle vient me voir et je lui explique ce qui s'est passé,
en lui demandant de bien vouloir remouiller son bateau plus loin. Étant seul
à bord, je me vois mal me débrouiller avec 2 bateaux. Elle m'explique
qu'elle est vendeuse de bateaux mais qu'elle ne connaît rien aux manoeuvres.
Me demandant de l'aider, j'accepte volontiers pour voir se casser ce voilier
qui m'a ennuyé la nuit précédente.
Je saute sur son annexe !!!! ouah quelle classe cette annexe, un vrai palace
!!! et nous mettons pied sur le sloop...
Après différentes recherche, on trouve comment démarrer le moteur ainsi que
la télécommande du guindeau. Je prends les choses en main, lui propose de se
mettre à la barre pendant que je remonte la pioche...
Sur ces bateaux modernes, tout semble si facile que je n'ai même pas à lui
demander de virer sur bâbord ou tribord afin de remonter l'ancre !!!! c'est
si facile !!! tellement facile que la chaîne tombe dans la baille, mais il
n'y a plus d'ancre au bout de celle-ci !!! ces enfoirés avaient bien coupé
la chaîne de la pioche du sloop !!!
"Surpris et dégoûté"
!!! car cela ne se fait pas dans le
monde de la marine !!!
A croire qu'il n'y a que le fric qui compte ici !!! et des chantiers qui
s'en foutent. Heureusement, ils ne sont pas tous comme cela !!!
Véronique est anxieuse, ben !!! oui !!! quand on se sait pas naviguer, c'est
logique, alors je reprends la barre et lui demande d'être cool !! je vais te
le ramener sur un ponton "je lui dis". Je lui demande de sortir les
parebattages, de préparer les amarres et je sors de la zone d'évitage de
Cogito. Tout se passe à merveille (il fait "4 tonnes" ce voilier, alors par
rapport au mien, c'est du gâteau. Je l'amène au ponton du gasoil, et je
l'amarre !!! manoeuvre parfaite et le bateau est en sécurité. Sur le ponton,
se trouve le patron de la boite qui loue ce voilier.
Quand je suis reparti, il ne m'a même pas dit merci !!! à croire que
l'entraide ne se remercie plus de nos jours. Par contre, Véronique, en me
ramenant au bateau m'a remercié chaleureusement car sans moi, il allait se
jeter sur les coraux !!!
1er au 2 septembre 2007 :
RAS. J'ai le blues qui revient et je
ne fais rien !!! je bouquine !!! Je souhaite tellement naviguer que lorsque
je m'arrête, c'est l'ennui qui me reprend !!!
3 septembre 2007 :
Le blues s'en va petit à petit, alors
je fais la vaisselle (pas faite depuis 6 jours) !!! oups !!! Je descends
l'annexe pour aller prendre les fichiers météo et répondre aux éventuels
messages. J'ai Gruissan en ligne sur MSN, et je passe à la capitainerie pour
savoir si je peux avoir une place car j'ai des travaux à faire au ponton !!!
"Pas de place pour Cogito avant le 17 septembre à cause de Dean, tout le
monde est rentré au port !!! "va bene" !!! j'attendrai le 17 septembre au
mouillage, je suis bien !!! et il semble qu'il y a moins de moustiques !!!
Je reprends l'annexe à 15 heure 30 pour retourner au bateau, mais je le vois
qui se casse avec 3 personnes à bord !!! oups !!! remorqué par un puissant
bateau, je mets le moteur à fond et je leur crie :
"ça va pas la tête" !!! je monte à bord alors que la pioche vient
de tomber près des coraux, très près de 2 autres voiliers, et ils me disent
qu'ils ont essayé de m'appeler mais que ma boite était pleine !!! c'est vrai
qu'ils m'ont appelé mais je ne réponds plus : 700 euros de téléphone le mois
dernier, c'est fini, j'évite le téléphone dorénavant, surtout que je paie
aussi bien les communications que je passe et celles que je reçois.
C'est alors qu'ils m'expliquent qu'ils ont été obligés de déplacer le bateau
car il y a une grosse barge "non manoeuvrante" qui arrive pour relever un
bateau sur les coraux, (le voilier bleu en première photo) et bien entendu,
Cogito était au mauvais endroit au mauvais moment !!!
C'était pas tout à fait cela, mais ou j'étais, il n'y avait que 2 bateaux à
déplacer.
18 heures : ils ont terminé et
je démarre le moteur pour me remettre à ma place, une demi heure plus tard,
Cogito est mouillé à sa place, car il a de l'espace pour éviter !!! lol !!!
4 au 10 septembre 2007 :
Rien de sorcier, j'ai trouvé la panne
du gros pilote (grâce au Fiston car j'ai fait
tout ce qu'il m'a dit de faire),
après avoir fait tester la carte électronique du pilote par un pro. C'est le
relais du moteur qui ne fonctionne pas alors les travaux sont en cours.
Désolé pour toute cette lecture, mais c'est vrai qu'avec 2 cyclones, il y
avait plein de détails à donner !!!
Pour l'instant, Cogito va se retrouver au port pour quelques réparations
obligatoires comme :
Faire recoudre le génois qui s'est déchiré
lorsqu'il s'est couché !!!
Changer une batterie de service défectueuse !!!
Vidanger le réservoir de gasoil !!!
Vidanger le réservoir d'eau !!!
Monter en haut du mât pour remettre la drisse à l'intérieur du grand mât
!!!Et d'autres petites bricoles !!!
Ensuite, si tout va bien, il
reprendra la mer (mais il attendra maintenant la fin de la période des
cyclones), car sans avoir été dans leurs centres, c'était chaud tout de
même.
De toute façon,
vous le saurez, en lisant les prochaines pages de ce site, en espérant que
toutes les photos déjà sur le site vous auront plu.
Vous remerciant
encore une fois pour tous ces messages reçus, je vous dis :
@ plus sur le
net !!!